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Una revolución tranquila, persistente y colectiva Una revolución tranquila, persistente y colectiva

Une révolution tranquille, persistante et collective


"Lorsqu'une femme prend la parole, elle ne brise pas seulement le silence, elle initie une transformation collective." – Awa Sadio, coordinatrice de projet au Sénégal

La transformation n'a pas été seulement externe. Elle a été émotionnelle, symbolique, politique. Et c'est cette transformation qui bat désormais plus fort que jamais.


Trois phases déjà... et des milliers de voix :

Un engagement transformateur pour lesDroits sexuels et reproductifs à Bignona


À Bignona, une région du sud du Sénégal traversée par des inégalités historiques, des silences imposés et des droits bafoués, une révolution sereine mais irréversible est en marche. Au cours des trois dernières années, des dizaines de communautés ont commencé à avancer d'un pas ferme vers un horizon où les femmes et les jeunes filles peuvent vivre libres, informées et protégées.


Cette transformation s'est tissée jour après jour à travers trois phases d'un programme promu par l'Association pour la Coopération au Développement KAKOLUM, avec le soutien fondamental de l'Agence Catalane de Coopération au Développement (ACCD). Le projet, mis en œuvre dans les municipalités de Kafountine, Kataba, Djinaky et Diouloulou, avait un objectif clair : garantir les droits sexuels et reproductifs (DSR) et mettre fin aux violences sexistes.


Avec la fin de la troisième phase, il est temps de regarder en arrière, d'évaluer le chemin parcouru et, surtout, de continuer à construire l'avenir que méritent les femmes de Casamance.

 

La force d'une stratégie communautaire

Le projet n'est pas venu de l'extérieur. Il a grandi de l'intérieur. Il a été conçu, exécuté et évalué avec la communauté, par la communauté, en comptant sur le leadership actif de femmes référentes, de jeunes organisées, de personnel de santé, d'autorités locales et de groupes vulnérables.


Sa force réside dans la rupture avec la fragmentation : ici, la santé sexuelle, les services de base, la formation, la culture, le plaidoyer politique et la communication ont toujours été main dans la main, dans une stratégie holistique et féministe qui a su s'adapter aux contextes de chaque municipalité.


Informer, former et sensibiliser : une action à multiples échelles


Le projet a eu un impact massif et direct. Plus de 10 000 personnes ont participé à des activités de sensibilisation, à travers des canaux divers et adaptés aux besoins du territoire.


Les 7 journées de mobilisation sociale ont été des moments clés. Avec des consultations médicales, des conseils juridiques, des débats ouverts et des représentations théâtrales, ces journées ont permis de rendre visibles des sujets souvent tabous comme la grossesse précoce, les mutilations génitales féminines ou les infections sexuellement transmissibles. Parallèlement, la projection du documentaireTRACESest devenue un outil puissant pour générer de l'empathie, de la reconnaissance et de l'action collective.


Dans les foyers, l'information a été apportée par 1 200 visites à domicile (VAD) réalisées par lesbadienu gokhet les référentes communautaires, des femmes formées par Kakolum qui, avec empathie et connaissance, ont su transformer l'environnement domestique en un espace d'éducation et d'accompagnement.


En parallèle, plus de 400causeriesont été animées avec divers groupes : pêcheurs, chauffeurs, élèves, jeunes, associations de femmes... des espaces de dialogue où l'on a parlé clairement des droits, du consentement, de la sexualité et des responsabilités partagées.


Et encore plus précieuses ont été les 30 sessions "ñu setaan film ci ataya", qui ont créé des espaces de rencontre intimes entre femmes et jeunes, où la visualisation d'un documentaire a servi de déclencheur pour partager des expériences de violence, se soutenir et construire des alliances.

Dignifier les espaces de santé : des infrastructures au service des droits


Les mots sont importants, mais pas suffisants. Pour garantir les droits sexuels et reproductifs, il est essentiel que les femmes puissent accéder à des services de qualité, proches, sûrs et dans des conditions dignes. C'est pourquoi cette phase a inclus :

  • L'installation de systèmes d'eau courante à énergie solaire dans 10 maternités.
  • La construction de 15 fosses sécurisées pour la gestion des placentas.
  • La réhabilitation complète de deux maternités situées dans des zones isolées.

Ces actions ont un impact direct sur la santé et la sécurité des mères et des nouveau-nés. Mais elles symbolisent aussi un changement de paradigme : les femmes méritent d'accoucher dans des espaces propres, sûrs et respectueux.


 

Des institutions qui écoutent, apprennent et changent


L'une des réalisations les plus significatives du projet a été l'implication active des autorités locales, religieuses et traditionnelles. Au cours de cette phase, plus de 70 leaders communautaires ont participé à des ateliers sur le genre, les droits humains et les mécanismes de protection des victimes.


Grâce à ce travail soutenu, les municipalités de Kataba et Diouloulou ont élaboré leur premier Plan Sectoriel de Santé Sexuelle et Reproductive, un outil pratique pour guider les politiques publiques dans une perspective féministe et basée sur les droits. D'autres municipalités ont déjà lancé des processus similaires.

 

Personne ne doit être laissé pour compte


Le projet a abordé de manière spécifique la réalité des groupes fortement stigmatisés, tels que les travailleuses du sexe, les personnes LGBTIQ+ et les personnes vivant avec le VIH. Grâce à la formation, au soutien psychosocial et à la coordination avec les services publics, les barrières ont été brisées et des espaces sûrs ont été créés où ces personnes ont pu être écoutées, reconnues et accompagnées.

 

Communiquer pour transformer

La communication a été un outil fondamental pour atteindre toute la population. Une application mobile a été créée pour informer et faciliter le signalement des violences. Des banderoles, des annonces, des affiches et des contenus audiovisuels ont été diffusés par les radios et les chaînes locales. Le tout avec un message clair : la violence n'est pas culturelle, c'est une injustice.

Ces outils ne font pas qu'informer : ils changent les perceptions, génèrent des conversations, activent des processus.


Et maintenant ? Continuer, consolider… et élargir les horizons

Loin de clore un chapitre, la fin de la troisième phase ouvre les portes à une nouvelle étape encore plus ambitieuse. La quatrième phase du projet, déjà en cours, vise à renforcer les changements obtenus, à améliorer leur durabilité et à les étendre à d'autres municipalités du département de Bignona.

D'une durée de 18 mois et bénéficiant d'un financement renouvelé de l'ACCD, ce nouveau cycle mettra l'accent sur :

  • L'institutionnalisation des politiques publiques locales en matière de santé sexuelle et reproductive.
  • L'ouverture et la réhabilitation d'espaces communautaires, comme la nouvelleMaison des Femmesà Kafountine.
  • La création d'un réseau de veille communautaire féministe, pour la détection et l'accompagnement des cas de violence.
  • Le travail avec la jeunesse et l'enfance, avec de nouveaux supports pédagogiques, des espaces de dialogue et de prévention de la violence sexuelle infantile.
  • La formation du personnel technique, des fonctionnaires et des leaders communautaires.
  • Un engagement ferme en faveur de la communication communautaire transformatrice et des alliances internationales.

Cette quatrième phase naît de l'expérience accumulée, mais voit plus loin. Parce que les droits, une fois conquis, doivent être garantis. Et quand ils ne l'ont pas encore été pour toutes et tous, il faut continuer à se battre.

 

L'avenir est déjà là, et il a une voix de femme

"Maintenant, je sais que je n'ai pas tort. J'ai le droit de parler, d'être écoutée et de décider."— Mariama Drame, jeune participante à une session communautaire à Kataba

Ces mots, prononcés avec un mélange de force et de soulagement, encapsulent l'essence du projet. Il ne s'agit pas seulement de l'accès aux services ou de la formation technique. Il s'agit de se reconnaître comme sujet de droits, de retrouver sa voix et son espace, de se sentir partie prenante d'un tissu collectif qui soutient, protège et impulse.

Ce projet est, et sera toujours, un engagement pour les femmes. Mais aussi pour une manière de faire de la coopération qui écoute, qui accompagne, qui construit avec les communautés et à partir de leurs réalités.

De la part de Kakolum, nous tenons à remercier de tout cœur l'équipe locale du projet, les autorités sanitaires, les femmes et les jeunes qui ont élevé la voix, les entités locales qui nous ont accompagnés et, en particulier, l'Agence Catalane de Coopération au Développement pour sa complicité et son soutien continu.

Et oui, nous continuerons à travailler pour que chaque femme puisse marcher en toute sécurité, décider librement, accéder aux services dont elle a besoin et vivre sans peur. Et nous le ferons comme toujours : avec rigueur, avec tendresse et avec la conviction profonde qu'une communauté qui écoute ses femmes est une communauté qui avance.


Cette révolution tranquille, persistante et collective ne s'arrête plus,et c'est grâce à toutes celles et tous ceux qui l'ont rendue possible.

 

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